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Ghiglione, Anna

Full Professor

  • Chinese name: An Wenxue 安文雪

Contact:

  • Telephone 514-343-6111 #39895 Pav. 2910 EDOUARD-MONTPETIT \ Ext. 430
Ghiglione, Anna

Presentation

Research expertise

The imagery underlying the Chinese language and thought guide my research. In particular I analyze the relationship between linguistic images (metaphors, allegories) and visual images, between imagination and conceptualization in the Classics, from traditions as varied as Confucianism, Buddhism, Taoism and Mohism.

In methodological terms, I focus on philological studies (analysis and translation of texts or relevant excerpts), and conduct specific inquiries in the field (in China, with the University of Beijing), and collaborate directly with painters and calligraphers in conveying Chinese thought in pictorial form.

I mounted an exhibition of original scrolls in Beijing (summer 2013: landscape paintings, lithography, calligraphy, etc.), which was hosted in a new form at the Université de Montréal, in the Carrefour des arts et des sciences, (Winter-Spring 2014): La Chine des Sages en images.

My travels to the key sites of Chinese civilization (historic sites, workshops, ruins, work sites, documentary centres, etc.) allow me to monitor and sometimes actively contribute, as a sinologist, to the systematic process of recovering a cultural heritage stretching back for millennia. This humanitarian motivation fosters my intellectual interests.

Areas of expertise

Publications

Monographies

 

Regards contemporains autour de la pensée chinoise ancienne (现代颜光看中国古代思想), Tianjin, Renmin meishu chubanshe 天津人民美术出版社, 2013.

 

La vision dans l’imaginaire et dans la philosophie de la Chine antique, Paris, You Feng, 2010.

 

L’expérience religieuse en Chine. Sagesse, mysticisme, philosophie, Paris; Montréal,  Médiaspaul, 2009.

 

La pensée chinoise ancienne et l'abstraction, Paris, You Feng, 1999.

Contributions récentes

« Approche sémiotique exploratoire des paraboles et des images langagières du Sūtra du Lotus », Protée. Sémiotique et bouddhisme, 2011, 39/2, p. 45-53.

« Human work in ancient Chinese Thought (5th-3rd century B.C.E.). An Axiological Reflections », dans Ideals. Norms. Values. The 6th International Conference for Oriental Studies (Torchinov Readings). 2010, February 3-6, Sergey Pakhomov (dir.). Saint-Petersburg: Faculty of Philosophy of SPSU, 2011, p. 284-291.

 

Courses given in the Department this term

News

Réflexions  pékinoises

Extraits de : Ghiglione, Anna, « L’imaginaire durandien et la pensée chinoise. Corrélations anthropologique entre deux océans ». Imaginaire durandien. Enracinements et envols en Terre d’Amérique, Raymond Laprée Christian et Bellehumeur (dir.), Québec, Presses de l’Université Laval, 2013.

Avant de se transformer en puissance économique et politique sur la scène mondiale, qu’est-ce que la Chine représentait aux yeux des esprits enclins aux rêveries, des sinophiles et des artistes? Un champ très complexe de l’imaginaire. Pour m’en tenir à l’essentiel, la Chine, à la fois métonymie et synecdoque pour Asie, Orient et Extrême-Orient, appartenait à une corrélation symbolique dense de concepts et d’affects : ancienne terre-mère, mystérieuse vacuité, lieu de retour à l’indifférencié, à la non-dualité, à un état fusionnel; réalisation d’une utopie (le collectivisme agraire, le communautarisme); œuvre alchimique; envols mystiques, souffles cosmiques, etc. Bref, autrefois, aux yeux du rêveur d’Occident, l’antipode de la vie ordinaire, dominée par ses normes et ses priorités économiques, avait pour capitale Pékin. À son centre se trouve encore la Cité interdite; on y accède, aujourd’hui, en passant par la célèbre Place Tiananmen, nom suggestif qui signifie « Aux Portes de la paix céleste ». Son meilleur équivalent français serait « Aux Champs Élysées ». […]

Nous portons tous le deuil d’avoir assisté à la fin du rêve d’Orient, car il s’agissait d’un champ de l’imaginaire essentiel à notre psychisme. La modernisation accélérée de la Chine et la destruction massive de son patrimoine culturel sous l’effet conjoint de deux idéologies contraires – les deux polarités extrêmes du capital matériel – ont aussi dissout le mythe de la relation harmonieuse entre le Sage chinois et la Nature. L’espoir de vivre, à l’Est absolu de la Terre, une autre vie, meilleure que celle que nous connaissons à l’Ouest, s’est envolé à tout jamais du plus beau vase de Chine. Le rêve d’Orient, tel un esprit ancestral apeuré, a cédé la place à un cauchemar commercial. […]

Il est alors essentiel de trouver des solutions concrètes pour limiter d’autres pertes fatales de sens et de valeurs.